Homélie du 8 mai 2017



 

Messe pour la paix – Lundi 8 mai 2017

Homélie à partir de l’évangile du bon Pasteur, « Je suis le Bon Berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent »

(P. Hubert Champenois)

 

Hubert ChampenoisPour beaucoup de petits citadins le berger et son troupeau sont des images lointaines, presque irréelles. Certains les découvriront ou les retrouveront aux prochaines vacances mais ce n’est pas l’évangile ! Une photo de vacances rien de plus !

Dans cette parole que nous venons d’entendre, il ne s’agit pas de petits agneaux, de troupeaux ou de douceurs champêtres. Quand Jésus dit : « Je suis le Bon Pasteur le vrai Berger », il prononce une parole qui va lui couter cher. Il appelle fortement les gens influents de son peuple, les responsables, les autorités, ; il ébranle l’édifice religieux les responsables politiques. Les puissants d’Israël ne lui pardonneront pas. Les notables religieux, scribes, prêtres, docteurs de la loi, conduisaient le peuple avec autorité et dirigeaient les consciences.

En 4 mots « Je suis le bon berger », Jésus écoute tous ceux qui se croyaient les chefs d’Israël et il se présente comme celui qu’il faut suivre : le vrai Berger, un guide sûr pour les hommes. Ces 4 mots là, prononcés il y a 2000 ans, n’ont pas vieilli et sont même d’une prodigieuse actualité. Ils contiennent même un message essentiel puisqu’ils sont une réponse à une question essentielle que tant de personnes se posent aujourd’hui : qui donc est Dieu ? A qui ressemble Dieu ? Comment se représenter Dieu ? et bien Jésus répond :

« Dieu personne ne l’a jamais vu mais qui m’a vu a vu le Père ».

C’est donc Dieu que Jésus nous révèle par toute sa vie. Que Dieu est comme un berger, ce bon Berger, le Berger de l’humanité. Jésus nous dira même que Dieu est sur le terrain comme un berger et donc « tous terrains », toujours sur les routes des hommes, inlassable compagnon de l’aventure humaine. Tu es sur tous les chemins des hommes comme le berger de toute l’humanité, Toi qui es venu par le témoignage de Ta vie, imprégné notre monde de ce message qui ne cesse de traverser les siècles. Et nous l’accueillons en ce 8 mai 2017. Message qui se résume en ces mots :

-prière,

– accueil,

– service

– pardon.

 

Prier sans se lasser par filiation,

Accueil de tous sans distinction,

Service, service particulièrement des petits par prédilection,

Pardon sans restriction.

 

Ce message n’a pas été envoyé par procuration. Jésus, Fils de Dieu est venu en personne le proclamer, non seulement avec ses lèvres, mais par le témoignage de sa vie jusqu’au bout. C’est le cœur de son message c’est-à-dire l’amour de Dieu, Son Père, et l ‘amour du frère, de tous les frères quel qu’ils soient. Notre Dieu est un Dieu patient, miséricordieux. Permettez-moi de faire référence à ce tragique événement de la mort du Père Hamel le 26 juillet 2016 près de Rouen. Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, interpelait les chrétiens et les hommes de bonne volonté le jour de ses obsèques. Le monde peut -il attendre encore la chaîne de l’amour qui remplacera la chaîne de la haine ? Faudra t’il d’autres tueries pour nous convertir à l’amour et à la justice qui construit l’amour ? Etrange Dieu de Jésus ; c’est vrai, on n’a pas fini de s’étonner, de s’émerveiller du visage de Dieu révélé dans le visage buriné du berger de l’humanité.

Les proches de Jésus, les apôtres : Pierre, André, Jacques, Jean, et les autres, puis Paul, et tant d’autres iront affronter les mers, les océans, les temples et les persécutions pour fonder l’Eglise de Jésus Christ. Et aujourd’hui, Jésus est présent dans nos cœurs de la même façon par son Esprit, et le même vent de l’Esprit de Jésus pousse la barque de l’ Eglise, sinon elle aurait sombré depuis longtemps ! Ce souffle déborde les frontières de l’Eglise, il habite le cœur des hommes de bonne volonté.

Ce 8 mai 2017, la France commémore la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie, et la fin de la seconde guerre mondiale en Europe. Fin d’un conflit qui fit des millions de morts sur le continent. Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, plusieurs hommes politiques et parmi eux des chrétiens, ont promis l’union européenne. Beau projet sans doute imparfait, mais réellement porteur de paix, de solidarité entre les peuples écrivait récemment notre évêque, à ses diocésains.

Permettez -moi de reprendre ces réflexions du Pape François il y a juste un an en mai 2016 : « il vantait la grandeur de l’âme européenne, née de la rencontre des civilisations et des peuples ; les projets des pères fondateurs, et en particulier Messieurs Adenauer, Schumann, de Gasperi, héros de la paix, et prophète de l’avenir ne sont pas dépassés. Ils inspirent plus que jamais à construire des ponts et à battre des murs. Un Jean Monnet a été longtemps l’artisan de cette Europe naissante. Il y aura à recommencer sans peur, un travail constructif, qui exige tous nos efforts d’une coopération patiente et longue. Qui ne souhaiterait pas que les jeunes générations participent à cette construction ?

Ce matin dans cette cathédrale nous sommes là, nous parlons de service religieux: la Messe. Le service religieux n’est désormais service de Dieu que s’il est service de l’homme.

Amen !

 

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