2017 – Messe Chrismale 2017

 

Chaque année, la messe chrismale est un moment majeur de la vie du diocèse. Les textes, les rites se répètent identiques. Mais les circonstances changent. Pour nous catholiques du diocèse, cette année est celle du rassemblement JEM 2017. Avec nos concitoyens, c’est l’année d’élections nationales importantes. Avec nos frères en humanité, nous connaissons les injustices de notre monde et l’inquiétude face à la violence à Stockholm, en Egypte, en Syrie et ailleurs. Alors, une phrase de l’Evangile attire davantage mon attention : « le Seigneur m’a consacré par l’onction et m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres ». Une phrase de l’Evangile et un signe, le signe des huiles saintes, huiles de force, de paix, de joie.

« Que la puissance du Christ te fortifie ; qu’elle t’imprègne comme cette huile ». C’est ce qu’entendent les catéchumènes avant leur baptême. Et le signe est répété avec le Saint-Chrême, le jour du baptême et de la confirmation : « Sois marqué de l’Esprit-Saint ». Nous devenons ainsi chrétien, un Christ, c’est à dire celui qui a reçu l’onction. Par le signe de l’huile, la force du Christ est donnée dans notre faiblesse humaine pour que nous puissions lutter contre le mal. Chrétiens, nous connaissons nos fragilités, nos fautes. Nous ne sommes pas parfaits. Qui peut prétendre tenir par ses seules forces ? Qui peut oser penser aujourd’hui qu’il sera chrétien à la force de ses poignets ? Bien sûr, il y a le nécessaire effort de notre volonté. Mais l’histoire du peuple chrétien le rappelle : les plus actifs, les plus engagés, les plus militants ont été les plus grands priants. Rien ne peut se vivre sans l’accueil de la grâce, de l’amour du Seigneur. Nous sommes les disciples de Celui qui proclame : « le Seigneur m’a consacré par l’onction ». Pensant aux enfants, aux adultes, aux jeunes qui préparent un des sacrements de l’initiation chrétienne, je rends grâce au Seigneur pour le dévouement de parents chrétiens, de tant de personnes laïques, consacrées, laïcs en mission ecclésiale, diacres et prêtres qui, au long des mois, préparent à ces sacrements dans les aumôneries de l’enseignement public, écoles catholiques, mouvements de jeunes, équipes du catéchuménat. Nous qui avons reçu l’huile qui fortifie et l’huile parfumée qu’est le Saint Chrême, reprenons conscience de ce que Jésus nous dit par ces signes : “Quoi qu’il arrive, je suis ta force. Répands la Bonne Nouvelle, comme se répand l’odeur du parfum.” Quoi qu’il arrive, je suis ta force : c’est l’expérience de nos frères et sœurs malades ou âgés qui célèbrent le sacrement des malades, grâce à des personnes engagées dans les aumôneries d’hôpitaux, de cliniques, de maisons de personnes âgées, ou comme membres du service évangélique des malades.

Ces huiles sont extraites du fruit de l’olivier. Nos aînés, les Pères de l’Eglise ont très vite associé, ces huiles au jardin des oliviers, là où Jésus se rend pour pleurer des larmes de sang, mais là aussi où Jésus ressuscité, vainqueur du mal, rejoint son Père. Huile, rameau d’olivier, jardin des oliviers, autant de symboles de paix que le Christ apporte au monde, par le sang de sa croix. « Le Christ ne triomphe pas par l’épée, mais par la Croix » ( Benoit XVI). A sa suite, nous sommes appelés à être des hommes et femmes de paix, à avoir confiance au plus grand pouvoir de l’amour. C’est ce que nous allons célébrer à Pâques. C’est le sens de vos engagements dans la cité : en servant la justice, la solidarité, la fraternité par vos actions parfois modestes, dans des associations de quartier, vous introduisez l’huile parfumée de la paix dans les rouages de notre société souvent crispée et si complexe. Alors parfois, lors des rencontres avec des voisins, des collègues de travail ou amis, certains d’entre eux nous demandent de rendre raison de notre foi ; nous répondons autant que nous le pouvons ; nous savons surtout que la réponse irrécusable viendra du témoignage de notre manière de vivre.

 

Cette huile de paix dont nous sommes marqués, est aussi, nous rappelle, la première lecture, « huile de joie ». En effet, une source du bonheur, de vraie joie selon l’Evangile est du côté du service mutuel, du don, de l’amour partagé. Chers diacres, souvenez-vous que c’est d’abord pour cela que vous avez été ordonnés. Vous êtes signes et moyens du Christ pour nous rappeler à tous notre état de serviteurs et nous aider à voir qu’une vraie joie, un vrai bonheur se trouvent du côté du service. Merci de continuer cette belle mission avec l’aide de votre épouse, de vos enfants, de vos amis et le soutien de vos communautés.

Et vous frères prêtres, rappelez-vous cette onction de Saint Chrême reçue dans la paume de vos mains le jour de votre ordination. Onction dans nos mains ! Signe que le Christ nous saisit tout entier, que nos mains deviennent ses mains, que nous ne sommes pas prêtres par ce que nous faisons, mais par ce que le Christ fait par nous. Et le disant, ce n’est pas traiter pour rien, vos heures de lecture, de réunion, d’échanges qui tissent une journée. C’est surtout rappeler notre expérience : parfois nous donnons ce que nous ne vivons pas. Nous conseillons une personne engagée de la paroisse sur la prière quand nous sommes médiocres nous-mêmes dans la vie de prière. Nous incitons à la charité quand nous sommes enfermés dans l’égoïsme ou le refus du pardon. Oui, nous avons fait cette expérience que le Seigneur agit dans notre faiblesse. C’est pour cela que j’ose appeler des jeunes à connaître cette belle expérience, en étant prêtres à leur tour. Merci frères prêtres de votre présence, de la mission que vous avez accepté et que vous remplissez jusqu’au bout, je pense aux prêtres malades et âgés, je pense aux prêtres jubilaires. Merci tout particulier aux prêtres membres du conseil épiscopal qui éclairent et soutiennent l’évêque dans sa charge.

Onctions du baptême, de la confirmation, des malades, des pasteurs, nous sont données pour nous et pour les autres. Laïcs, ministres ordonnés, hommes et femmes vivant une forme de vie consacrée dans l’Eglise et dans le monde, nous sommes tous bénéficiaires. Ensemble, nous en rendrons grâce au rassemblement JEM 2017, mais déjà nous en rendons grâce aujourd’hui.

 

 

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