2019- Echange de voeux

 

Echange de voeux à la cathédrale, le 11 janvier 2019, et intervention de Mgr James

 

Le premier mot pour vous tous, en ce début d’année, c’est merci. Merci à celles et ceux, prêtres et laïcs, qui travaillent à la vie et à la mission de la Cathédrale de Nantes, à l’animation de la chapelle de l’Immaculée, et à la restauration du presbytère.

Une année commence. Beaucoup d’évènements s’y dérouleront qui aujourd’hui nous sont inconnus. D’autres évènements se vivent dans la continuité de 2018, et ce ne sont pas les plus faciles : crise sociale en France, tensions internationales. Pour 2019, que souhaiter à notre cathédrale, comme au diocèse ? Qu’ils soient fraternels, fraternel dans la réalité de notre monde, fraternel en proposant la foi, fraternel en nous rencontrant, fraternel en ayant le souci des plus fragiles.

1- Une équipe cathédrale fraternelle dans la réalité de notre monde.

C’est ce monde que le Seigneur nous demande d’aimer. Or, parfois, la nostalgie nous freine, nostalgie d’un âge d’or de l’Eglise où on allait en rangs serrés à la messe, le missel sous le bras et où le monde vivait à l’heure de l’Eglise ! L’histoire nous aide à être réaliste. A l’occasion des 1200 ans de l’abbatiale de St Philbert de Grandlieu, nous ferons mémoire du diocèse à l’époque carolingienne, les moines présents, les pasteurs comme Saint Gohard assassiné dans cette cathédrale au début du chant de la préface, et les paroisses naissantes. L’Eglise y était fragile. Notre situation n’est pas plus facile, même si les défis sont autres. Le Pape Benoit XVI répétait : « nous sommes passés d’un christianisme sociologique à un christianisme de choix ». Mais, dans notre monde, la foi chrétienne a toute sa place. Andréa Riccardi, fondateur de Sant’Egidio, écrit même : « Pour le christianisme, c’est le bon moment. Il faut recréer le tissu communautaire. C’est le rôle des chrétiens. Il faut parler d’espérance. C’est encore là que l’on attend les chrétiens. Il y a des risques de guerre. C’est le rôle des chrétiens que d’être artisans de paix ». Et il résume : « il nous faut être avec les gens. Les accompagner dans ce changement de monde. Les chrétiens peuvent être une semence dans ce monde. Mais seulement s’ils ont la capacité d’aimer ce monde au lieu d’en avoir peur ». La démarche initiée par Alain Thomas qui nous a valu le beau spectacle sur « les noëls slaves », le concert de Noël de la maitrise de la cathédrale, ont contribué l’année dernière, à développer, cet amour du monde, en encourageant à regarder et à se mettre à l’écoute de la beauté, en favorisant la contemplation, l’esprit de douceur et de paix.

2- Une cathédrale fraternelle qui propose la foi chrétienne.

L’Eglise n’est pas là pour régenter toute la vie des gens, mais pour faire découvrir, faire grandir leur foi, la fortifier, en encourageant un lien même ténu avec la communauté chrétienne. Nous sommes fraternels en proposant la foi chrétienne. Cela suppose qu’on ait les mots de cette foi. Il s’agit de former des chrétiens joyeux de leur foi et des disciples-missionnaires. Des propositions de formation sont faites aux adultes dans le diocèse, et particulièrement dans le centre-ville de Nantes, pour le carême par exemple. L’intelligence de la foi est majeure, y compris pour les grands-parents qui ne savent pas toujours comment parler de la résurrection à leurs petits-enfants. La formation à la liturgie chrétienne est heureuse pour les enfants et jeunes de la maîtrise, le stage des jeunes en musique liturgique est une chance : je vois souvent des jeunes de la maitrise, en lien avec le groupe diocésain « laetare ». Et je suis heureux qu’une catéchèse soit proposée à partir de la visite de la cathédrale. C’est le travail en particulier, des guides de la SPREV dans l’été.

3- Une cathédrale fraternelle, qui permette la rencontre.

La crise des « gilets jaunes » qui impacte durement le centre-ville et qui va l’impacter demain encore, révèle beaucoup de solitudes en particulier. C’est la maladie des centre-ville. Tant de personnes âgées sont seules. Favorisons les rencontres. Depuis la Visitation de Notre-Dame à Ste Elisabeth, nous savons que les échanges, les rencontres grandissent ceux qui font des visites. Le jour de la Visitation, Notre-Dame reçoit un nouveau titre de la part d’Elisabeth : tu es bénie entre toute les femmes. En rencontrant ceux qui nous entourent, nous pouvons nous aussi découvrir davantage l’amour dont nous sommes aimés. Plus notre foi se donne, plus elle grandit.

Engagés au service de la cathédrale, nous marchons ensemble. Nous prions ensemble, en particulier le dimanche. Ici, à la cathédrale, nous vivons une Eglise Synodale, c’est à dire ? Voilà un mot étrange dont je veux souligner l’actualité. Regardez ce que mobilise la préparation de la messe de Noël : celles et ceux qui ont fleuri la cathédrale et fait la crèche, qui ont arrangé et déplacé les chaises, qui vérifient l’éclairage et la sonorisation, des tailleurs de pierre et autres maitre-verriers qui entretiennent l’édifice, ceux qui ont réalisé le livret pour la messe, la crèche, chanteurs et musiciens qui ont travaillé les chants et les morceaux d’orgue pour les interpréter, les servants de messe, les prêtres, les sacristains. C’est l’Eglise qui marche ensemble, qui prie ensemble, où les uns et les autres s’entraident. Il n’y aurait pas de célébrations possibles sans la centaine des personnes engagées pour la messe de Noël.   Nous cherchons à promouvoir la « spiritualité de communion » évoquée par St Jean-Paul II, c’est à dire « la capacité d’être attentif à son frère dans la foi, le considérant comme l’un des nôtres, pour savoir partager ses joies et ses souffrances, pour lui offrir une amitié vraie et profonde.. » Je vous remercie de vivre cet esprit de communion, ici à la cathédrale l’Eglise-Mère du diocèse, avec l’EAC. Ici, viennent des groupes de sensibilités si diverses, depuis les équipes CAP’ACO, les scouts dans leurs diversités pendant l’avent, et la célébration d’action de grâce pour la béatification des martyrs d’Algérie, ou les célébrations de la Ste Geneviève pour les gendarmes, etc. Oui, comme le dit le psalmiste : « il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis »

4- cathédrale fraternelle soucieuse des familles et des plus fragiles.

A l’occasion des vœux, je recevais un courrier d’une jeune mère de famille nantaise, gilet jaune ; elle écrivait dans une même lettre à la maire de Nantes, au préfet et à l’évêque. Elle est mariée à un artisan, elle a deux filles très jeunes. Elle a un petit boulot. Et elle s’inquiète pour quoi ? Son pouvoir d’achat ? Non ! Pour l’avenir de ses enfants. Elle m’a rappelé un point fondamental que l’Eglise souligne : les familles réelles, avec leurs atouts, leurs vies cabossées sont les cellules de base de la société. Avez-vous lu, dans Ouest-France, que les jeunes mineurs incarcérés à Orvault n’ont pour certains d’entre eux, jamais vécu de repas familial avec un adulte ? En quoi les familles sont importantes ? Parce qu’elles débordent de sentiments ? Non, les élans affectifs sont fragiles et versatiles. Elles sont importantes, en ce qu’elles sont le lieu de l’aide concrète, de la solidarité des parents à l’égard du fils aîné au chômage, ou des enfants à l’égard de la vieille mère en EHPAD. Si nos familles de la cathédrale et du diocèse sont ces lieux-là, lieux du souci les uns des autres, du pardon vécu, un témoignage considérable est rendu !

Et le diocèse va continuer à accompagner les frères et sœurs en précarité. Tout près de la cathédrale, nous savons la présence de la maison Marthe et Marie pour les futures mamans et leurs enfants, la maison Lazare, l’écoute de la rue. Et bientôt, rue Gaston Turpin, la maison Nicodème, centre de soins palliatifs. Et je sais la présence des équipes St Vincent de Paul, et l’accueil des personnes ici à la cathédrale pour écouter touristes, passants, croyants, et bien d’autres. Je sais le souci que vous gardiez la cathédrale ouverte le plus possible pour tous les gens de passage. C’est parfois des gens de tous pays qui sont présents ici. Je veux vous en remercier. Et votre accueil, participe de l’annonce de l’Evangile. Voir des gens qui retroussent leur manche à l’égard des personnes concrètes en fragilité, cela étonne ! Nous refusons le délitement des liens sociaux, nous voulons promouvoir les relations entre nous, car nous sommes faits pour cela. Et le faisant, nous vivons ce que rappelait le poète anglais, William Blake : «J’ai cherché mon âme et je ne l’ai pas trouvée ; j’ai cherché Dieu, et je ne l’ai pas trouvé ; j’ai cherché mon frère et je les ai trouvés tous les trois ».

Alors, je redis ma gratitude à tous. Je veux l’exprimer ce soir à deux personnes, particulièrement à vous Monique Bébon et à vous Florent, en remettant à tous les deux la médaille de Saint Clair, médaille du diocèse. A tous les deux ma très grande gratitude.

 

 

 

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