2018/12 – Cérémonie avec les scouts

 

Rassemblement des scouts à la cathédrale, le 16 décembre 2018, et homélie de Mgr James

 

Quelle joie, cette lumière de Bethléem ! Mais, au fait, en avons-nous vraiment besoin ? Avons-nous besoin d’une Lumière pour guider et soutenir nos missions, nos unités scoutes ? Certains disent : j’y vois assez clair ! Ca marche ! Je me débrouille ! Je sais ce que c’est qu’être scout ou guide, ou responsable. Dans la cathédrale, ce soir, nous pensons autrement ; nous avons commencé en chantant : « Jésus lumière intérieure, ne laisse pas les ténèbres me parler », dit autrement : Seigneur, éclaire-moi ! Quelle joie, Ta Parole qui éclaire mes engagements scouts ! Quelle joie, Ta Lumière qui nous rend fraternels et bienveillants !

Oui, quelle joie ta Parole lumineuse ! Lors des camps scouts, alors que la nuit est tombée, on allume le feu et on chante parfois : « monte flamme légère, monte encore et monte donc ». C’est à ce moment là qu’on repense à la journée. A ses beaux moments : on a terminé les installations du camp et elles sont réussies ; ou bien l’intendant, le cuisinier s’est dépassé, quel repas ! Mais aussi des zones d’ombres : des paroles agressives ou des bagarres dans l’unité ! De la triche dans le grand jeu ! Et remonte à notre cœur , une parole très discrète, entendue lors du temps de prière du matin, ou une parole de l’aumônier. Une parole lumineuse qui m’aide à faire le tri, à séparer en moi, le bien du mal. « Vous serez baptisés, plongés dans l’Esprit-Saint et le feu » dit St Jean-Baptiste. Et ce feu purifie. En regardant le feu de camp, je le vois sous mes yeux qu’il purifie. La bûche qui se consume, se débarrasse des saletés. Et peu à peu la bûche devient braise rouge, flamboyante, magnifique ! Monte flamme légère et purifie en moi ce qui a besoin de l’être. Autour du feu de camp parfois, il y avait, dans la nuit, la veille du feu ; le scout est seul, et dans la nuit, il se rappelle sa promesse scoute. Promesse pour la vie !Même quand on est devenus adultes, on sait où on a fait sa promesse, à quel moment ! C’est solennel : devant tous, je m’engage sur mon honneur ! C’est grave et solennel ! Mais promesse fragile ! Je l’oublie parfois. Je la mets de côté. Comment tenir sa promesse, ses engagements ? En serrant les dents ? Non ! En suppliant : « protège ma promesse Seigneur Jésus », toi, la lumière de Bethléem !

Hier soir, dans la cathédrale, nous rendions grâce à Dieu pour les martyrs d’Algérie béatifiés la semaine dernière, parmi eux les moines de Tibhirine, Célestin et Michel, originaires de notre département. Mais aussi le Père Christian de Chergé, un scout devenu moine et prêtre. Il s’est appuyé sur sa promesse. Il est mort martyr. C’est un témoin lumineux. Peut-être avez-vous vu le film « des hommes et des dieux » ? Alors que le pays était dans les ténèbres de la violence, on leur disait : pourquoi restez-vous ? Rentrez en France ! Et ils répondent, pensant à leurs amis d’Algérie : « quand on aime quelqu’un, on ne l’abandonne pas au moment de l’épreuve ». C’est la fraternité, une fraternité lumineuse qui a son origine dans la lumière de Bethléem et que le Père Christian a vécu dans le scoutisme. Je n’oublie pas son testament, une des plus belles pages spirituelles du XXème siècle. Je cite : « s’il m’arrivait un jour d’être victime du terrorisme, j’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent que ma vie était donnée à Dieu et à ce pays ». Il a donné, tout donné et pardonné. Cela faisait écho pour moi, à la prière scoute. Je prie pour que, parmi les scouts, se lèvent des prêtres donnés et saints. J’y pense en entendant la question des gens : « Que devons-nous faire ? » C’est notre question quand nous pensons à notre vie demain, à nos projets, à notre vocation. Que devons-nous faire ? Saint Jean-Baptiste commence par une réponse toute simple : tu as deux vêtements, partage avec celui qui n’en a pas. Sois honnête et droit dans tes affaires, respecte les autres. Dit autrement : sois fraternel ! Rayonne la fraternité ! Votre fondateur écrivait : « le collège donne des camarades ; la vie fait des amis, la patrouille groupe des frères ». Les amis en effet, c’est facile ! On les choisit ! Mais les frères scouts, on ne les choisit pas ! Par exemple, celui de ton unité qui n’est pas de ton collège ou ton quartier, c’est ton frère. Celui ou celle de la famille scoute qui ne porte pas ton uniforme, c’est ton frère, ta soeur ! Oui, monte flamme de la fraternité qui vient de Bethléem, du prince de la paix, notre frère aîné à tous, le Christ Jésus. Si nous ne vivons pas la fraternité entre nous, on ne nous croira pas nous les chrétiens ! Si les soirées, les rallyes où sont présents des chefs scouts et guides, ressemblent à tous les autres, nous perdons notre temps ! Si notre rapport à la nature, à notre terre, « la maison commune »(François) ne nous distingue pas, à quoi servons-nous ? La lumière de Bethléem nous fait nous comporter autrement. Saint Paul nous dit : « que votre bienveillance soit connue de tous ! » Notre bienveillance à nous scouts chrétiens, c’est cela qui doit être connue de tous, pas le chiffre de nos adhérents, pas nos discours, ni nos exploits plus ou moins dangereux ! Non ! Mais notre bienveillance, c’est à dire le respect de l’autre, l’attention aux plus fragiles, les paroles encourageantes. Je le sais, cela se vit ici en Loire-Atlantique ! Samedi dernier, j’ai confirmé des scouts et guides. Certains d’entre eux avaient choisi leur parrain et marraine de confirmation dans leur unité scoute. Ils m’ont expliqué leur choix : à cause de la fraternité ! Ils se soutenaient entre eux ! Belle fraternité scoute vécue à cause de la lumière de Bethléem.

Merci Seigneur !

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